Dans l’univers dynamique des sociétés par actions simplifiées, la question du rapport des conventions occupe une place stratégique. Le législateur, à travers l’article L.227-10 du Code de commerce, a voulu renforcer la transparence dans la gestion des SAS. À l’heure où la légère croissance économique de 2026 s’accompagne d’exigences accrues en matière de gouvernance, les conventions passées entre une SAS et ses dirigeants éveillent, plus que jamais, l’intérêt des entrepreneurs et des investisseurs. Cet exposé journalistique propose une analyse juridique détaillée pour décrypter en profondeur les implications concrètes de cette réglementation, ses mécanismes de contrôle des conventions, et ses conséquences en cas de manquement.
En bref :
- L’article L.227-10 du Code de commerce encadre les conventions entre la SAS et ses dirigeants/associés.
- Un rapport des conventions doit être établi et présenté aux associés dans un objectif de transparence.
- Différentes catégories de conventions sont distinguées : courantes, réglementées et interdites.
- La non-conformité expose à des risques de nullité et à la responsabilité des dirigeants.
- La jurisprudence récente affine et précise les contours pratiques de la réglementation commerciale.
Conventions réglementées en SAS : cadre et enjeux de l’article L.227-10 du Code de commerce
La société par actions simplifiée (SAS) attire, depuis une décennie, un nombre important d’entrepreneurs souhaitant conjuguer souplesse statutaire et sécurité juridique. L’une des principales sources de cette stabilité se niche au sein de l’article L.227-10 du Code de commerce. Ce texte impose que toute convention passée directement ou indirectement entre la SAS et l’un de ses dirigeants fasse l’objet d’une procédure spécifique.
Le législateur ne laisse rien au hasard. Les conventions doivent passer sous le regard du commissaire aux comptes, s’il existe, ou dans certains cas, directement être soumises aux associés. L’objectif, au-delà du respect à la lettre de la loi, consiste à éviter toute dérive susceptible de porter atteinte aux intérêts collectifs de la société. Concrètement, la transparence est exigée dès la négociation de conventions portant sur la fourniture de biens, la rémunération des mandataires sociaux ou encore des opérations immobilières.
Dans un contexte où la finance responsable s’impose progressivement, la notion de transparence n’a rien de cosmétique. Une procédure d’autorisation préalable, formalisée par la rédaction d’un rapport des conventions, prévient le conflit d’intérêts. L’ensemble renforce la confiance des associés, des partenaires bancaires ou encore des investisseurs, à l’heure d’une franche démocratisation de la participation au capital dans les startups en 2026.
Il s’agit là d’un filet de sécurité essentiel. Prenons l’exemple d’une SAS innovante spécialisée dans la tech, dont un des associés souhaite céder un brevet à la société. Sans le rapport des conventions exigé par l’article L.227-10, la transaction pourrait être requalifiée d’abus de biens sociaux ou de favoritisme. Face à l’évolution rapide des pratiques entrepreneuriales, la régulation diligentée par le Code de commerce agit comme un marqueur de sérieux et de bonne foi.
Cet encadrement permet également l’exercice d’un contrôle renforcé par les commissaires aux comptes, garants de la régularité des informations transmises aux associés. Les acteurs du droit conseillent un strict respect des procédures, rappelant que tout oubli ou validation précipitée expose la SAS à de lourdes conséquences juridiques. Cette démarche de précaution et d’anticipation constitue aujourd’hui une condition sine qua non pour construire une gouvernance pérenne.

Typologie et classification des conventions en société par actions simplifiée
L’architecture des conventions au sein des SAS, selon l’article L.227-10, repose sur une subtile gradation entre conventions courantes, réglementées et interdites. Revenir sur cette classification permet d’éviter toute confusion et d’en saisir les implications juridiques.
Conventions courantes et leur traitement
Les conventions dites courantes recouvrent les accords passés à des conditions normales dans le cadre de l’activité habituelle de la SAS. À titre d’exemple, l’achat récurrent de fournitures à un associé dont le prix est aligné sur celui du marché n’appelera pas nécessairement une autorisation formelle, sous réserve qu’aucune clause n’avantage indûment l’une des parties. La loi privilégie ici la notion de normalité commerciale, évitant d’alourdir à l’excès la vie des affaires.
Conventions réglementées : nécessité du contrôle
Plus sensibles, les conventions réglementées sont celles qui présentent un risque potentiel de conflit d’intérêts. Elles exigent un contrôle des conventions par un organe compétent, souvent le conseil de surveillance ou les associés eux-mêmes. La majorité des conventions concernant la gestion immobilière, la fixation de la rémunération des dirigeants ou toute transaction non ordinaire entrent dans ce périmètre.
Étudions un cas concret : une SAS décidant d’acheter un entrepôt appartenant à son directeur général. La transaction ne saurait être validée sans un rapport détaillé, exposant les conditions, le prix et la justification commerciale de l’opération. Cette étape n’est pas un simple formalisme, mais une authentique garantie contre les dérives liées à l’exercice du pouvoir de décision.
Conventions interdites : la prévention des abus
Certaines conventions sont strictement prohibées, comme le détaille l’article L.223-21 du code, pour préserver l’intégrité financière de la société. Il s’agit par exemple d’avances de fonds faites à des associés, qui pourraient fragiliser la trésorerie en cas de mauvaise gestion ou de collusion. En ces matières, la jurisprudence récente ne laisse guère de place à l’interprétation.
| Type de convention | Exemple concret | Procédure requise |
|---|---|---|
| Courante | Fourniture de services informatique habituelle | Simple information |
| Réglementée | Achat d’un bien immobilier à un dirigeant | Rapport + approbation |
| Interdite | Prêt d’argent à un associé | Strictement prohibée |
Cette classification, loin d’être figée, évolue au rythme de la vie économique et des nouveaux modes de gouvernance. Face à ces distinctions, entrepreneurs et professionnels du droit se doivent d’actualiser régulièrement leur veille réglementaire.
Procédure et rédaction du rapport des conventions en SAS
Le processus de contrôle débute à l’instant où un projet de convention est identifié au sein de la société par actions simplifiée. Dès lors, l’initiateur du projet—qu’il s’agisse du président, d’un directeur ou d’un associé influent—se doit d’informer l’organe compétent désigné par les statuts. Cette démarche vise à prévenir tout soupçon d’opacité qui viendrait gêner la gouvernance.
Le rapport des conventions, document clé exigé par l’article L.227-10, doit comporter les éléments suivants :
- Identification précise des parties prenantes (dirigeant, associé, société)
- Exposé complet de la nature et des conditions de la convention
- Analyse des bénéfices potentiels pour la SAS et de tout risque encouru
- Justification du choix commercial ou stratégique retenu
- Rapport du commissaire aux comptes si mandaté
Ce rapport n’a rien d’un exercice purement théorique. Son rôle est de servir de support à la discussion en assemblée des associés. En 2026, la digitalisation des procédures facilite la rédaction, la conservation et la consultation de ces rapports. Les plateformes internes permettent, par exemple, de voter à distance et de partager en temps réel l’ensemble des pièces justificatives avec les associés, une avancée notable saluée par le milieu entrepreneurial.
Le contrôle effectif par les associés
L’assemblée générale est appelée à se prononcer, le plus souvent à la majorité simple, sur la validation du projet de convention. Les débats peuvent s’avérer particulièrement vifs lorsqu’il s’agit de décisions engageant la stratégie patrimoniale sur plusieurs années. Chaque associé dispose ici d’un droit de regard essentiel, renforçant encore l’équilibre des pouvoirs.
La procédure ne s’arrête pas simplement à un vote. Les dirigeants concernés ne participent d’ailleurs pas à la délibération ni au vote, une mesure destinée à garantir une objectivité maximale dans le processus de décision. Les retours d’expérience montrent que ce formalisme permet d’éviter bien des situations litigieuses, sources d’usure relationnelle et de risque pour l’image de la société.
Responsabilité des dirigeants et sanctions en cas de non-respect des conventions réglementées
L’un des enjeux majeurs de l’article L.227-10 réside dans la responsabilisation des dirigeants et des associés quant à la correcte application de la réglementation commerciale. En cas de manquement à la procédure, plusieurs risques — parfois cumulatifs — pèsent sur l’organisation et sur les personnes impliquées.
Tout d’abord, la nullité de la convention peut être prononcée par le juge, remettant ainsi en cause les opérations sur lesquelles la société fondait peut-être une part de sa croissance. Ce risque rend le formalisme réglementaire incontournable, car il s’étend à toutes les conventions jugées contraires à l’intérêt social ou déloyales vis-à-vis des associés minoritaires.
Plusieurs cas ont été jugés récemment : un dirigeant ayant omis de présenter un projet d’acquisition d’actifs aux associés s’est vu sanctionné tant personnellement que sur le plan patrimonial, à hauteur des pertes subies par la SAS. La responsabilité civile et, dans les situations les plus graves, la responsabilité pénale peuvent être engagées. Cela inclut une interdiction de gérer ou une amende. Sans compter l’effet désastreux en termes de réputation, un capital délicat à reconstituer après une condamnation rendue publique.
Ce panorama des sanctions illustre combien la vigilance doit être de mise à chaque étape. Pour les professionnels chevronnés, la collaboration avec un avocat spécialisé en droit des sociétés et la consultation régulière des évolutions jurisprudentielles s’imposent comme une assurance anti-risque.
En synthèse, respecter l’esprit et la lettre de l’article L.227-10 du Code de commerce, c’est sécuriser la trajectoire de la société tout en favorisant un climat de confiance. Face à la volatilité économique, cette exigence de conformité prend une dimension stratégique de tout premier ordre.
Jurisprudence et perspectives : l’évolution du rapport des conventions en SAS
La dernière décennie a vu la jurisprudence évoluer vers un encadrement plus affiné du rapport des conventions en SAS. Les tribunaux français, et en particulier la Cour de cassation, se sont prononcés sur des litiges opposant des actionnaires minoritaires à la direction, cristallisant certains principes : le respect strict de la procédure, l’équilibre des intérêts en présence et le contrôle effectif des conventions atypiques.
Les praticiens interrogés soulignent que les juges ne se contentent plus d’un simple habillage formel. Ils évaluent désormais la réalité des bénéfices attendus pour la société, la pertinence du rapport présenté et la sincérité du processus délibératif. L’analyse du contexte économique, du rôle joué par chaque acteur et la traçabilité des décisions deviennent des éléments centraux de la défense des droits des parties.
La tendance à la digitalisation en 2026 continue d’influencer la pratique du rapport des conventions. On observe une multiplication des outils d’audit juridique automatisé, permettant une veille réglementaire en temps réel. Cela participe à la prévention des litiges tout en fluidifiant l’organisation interne des sociétés.
Il reste néanmoins des marges de progression, notamment pour mieux protéger les intérêts des minoritaires et garantir un accès équitable à l’information. Les organisations syndicales et groupements d’actionnaires multiplient les initiatives pour promouvoir une pédagogie active autour des droits collectifs dans les SAS.
Ces évolutions, conjuguées à l’importance accrue de la responsabilité sociétale, poussent les entreprises à dépasser une lecture minimaliste du contrôle des conventions pour en faire un levier d’amélioration continue. D’ici les prochaines années, la pratique du rapport des conventions devrait encore gagner en rigueur et en clarté, pour le bénéfice de toutes les parties prenantes du tissu économique français.
Quelles conventions sont visées par l’article L.227-10 du Code de commerce dans une SAS ?
L’article L.227-10 concerne principalement les conventions conclues entre une société par actions simplifiée (SAS) et ses dirigeants, associés ou toute personne participant à la gestion. La réglementation vise à prévenir les conflits d’intérêts.
Le rapport des conventions doit-il être présenté chaque année ?
Oui, un rapport spécial est établi à chaque fois que de nouvelles conventions réglementées sont conclues. Il est ensuite communiqué aux associés lors de l’assemblée générale annuelle afin d’assurer la transparence.
Quelles sont les conséquences en cas de non-respect de la procédure sur les conventions réglementées ?
Le non-respect entraîne la nullité potentielle de la convention, la responsabilité civile ou pénale des dirigeants concernés, ainsi que des sanctions administratives qui peuvent gravement compromettre la légitimité de la gouvernance.
Quels sont les points fondamentaux à intégrer dans un rapport des conventions ?
Un rapport complet doit inclure les noms des parties, la description détaillée de la convention, l’évaluation de son intérêt pour la société et le commissaire aux comptes doit rendre un avis motivé lorsque cela est exigé.
Les conventions courantes sont-elles soumises aux mêmes règles que les conventions réglementées ?
Non, seules les conventions présentant un risque de conflit d’intérêts relèvent du régime des conventions réglementées. Les actes courants passés dans des conditions normales sont soumis à un contrôle simplifié, voire uniquement à une obligation d’information.