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Le CDD de reconversion permet-il de changer d’employeur ?

Femme assise à un bureau regardant par la fenêtre, ordinateur portable fermé, carnet, tasse

Le terme peut désigner deux situations différentes : un salarié qui travaille déjà en CDD et cherche à changer de voie, ou un CDD signé auprès d’une entreprise d’accueil dans le cadre d’une période de reconversion. Les démarches, les contrats concernés et les conséquences sur la relation de travail ne sont pas les mêmes. Pour décider quel cadre correspond à votre projet, il faut d’abord distinguer le dispositif en vigueur des anciens mécanismes, puis examiner le parcours envisagé, sa formation et son financement.

Le CDD de reconversion est-il un nouveau contrat réservé aux personnes déjà en CDD ?

Non. Depuis le 1er février 2026, le droit français prévoit un motif de recours au CDD lié à la période de reconversion professionnelle. Ce contrat est conclu avec une entreprise d’accueil pour une reconversion externe et doit durer au moins six mois. Le ministère du Travail le distingue des règles générales du CDD dans sa présentation du contrat à durée déterminée. Il ne s’agit donc ni d’un contrat automatiquement ouvert à tout salarié en CDD, ni d’un droit individuel à imposer à un nouvel employeur.

Le cadre s’appelle « période de reconversion ». Il peut être interne, au sein de l’entreprise actuelle, ou externe, dans une entreprise d’accueil. Pour la forme externe, le salarié conserve son contrat initial, qui est suspendu pendant la période, et signe un nouveau contrat, en CDD ou en CDI, avec l’entreprise d’accueil. Les modalités doivent être formalisées par écrit avec l’employeur d’origine. La fiche officielle sur la période de reconversion détaille cette organisation ainsi que les rôles des employeurs et de l’opérateur de compétences.

La période de reconversion est entrée en vigueur le 1er février 2026, comme le confirme Service Public. Il faut la distinguer des annonces et documents préparatoires publiés avant la loi, qui décrivaient parfois un dispositif encore à venir. Le CDD senior, lui, est un dispositif différent : le ministère indique qu’il a été supprimé à compter du 1er janvier 2026, au profit d’un CDI de valorisation de l’expérience. Ce n’est pas une autre appellation du CDD de reconversion.

Quel cadre choisir si vous êtes déjà en CDD ?

Si vous êtes salarié en CDD et souhaitez vous reconvertir, commencez par déterminer si vous voulez vous former pendant votre contrat, après son terme, ou changer d’employeur dans le cadre d’une période de reconversion. Ce sont des voies distinctes, avec des interlocuteurs et des critères différents.

Le projet de transition professionnelle (PTP), aussi appelé CPF de transition, peut permettre à un salarié en CDD de suivre une formation certifiante pour changer de métier. Selon Service-Public.fr, la fiche consacrée au PTP, une condition d’accès repose notamment sur au moins deux années d’activité salariée au cours des cinq dernières années, dont quatre mois en CDD au cours des douze derniers mois, avec des exclusions pour certains contrats. Lorsque la formation débute après la fin du CDD, la demande doit être déposée avant la fin du contrat et la formation doit commencer au plus tard six mois après son terme. Vérifiez les critères applicables à votre situation auprès de Transitions Pro.

La période de reconversion externe, en revanche, implique une entreprise d’origine et une entreprise d’accueil. Elle peut être pertinente si vous êtes encore salarié et que les deux employeurs s’accordent sur le parcours. Pour préparer votre projet tout en conservant votre poste, vous pouvez aussi examiner les conditions d’une reconversion en restant en CDI. Les droits et modalités de départ ne sont pas identiques à ceux d’un salarié dont le CDD se termine.

Quels critères vérifier avant de vous engager ?

Avant de signer, clarifiez d’abord le poste visé et les compétences à acquérir. La formation et les activités exercées pendant la période doivent s’inscrire dans un parcours cohérent avec la qualification recherchée. La période peut inclure des actions de formation, une mise en situation professionnelle et, selon le parcours, une validation des acquis de l’expérience (VAE), qui permet de faire reconnaître des compétences acquises par l’expérience.

Examinez ensuite les documents. L’accord écrit entre vous et l’employeur d’origine formalise la période de reconversion. Pour le parcours externe, le contrat avec l’entreprise d’accueil doit préciser l’emploi visé et prévoir une période d’essai. Le contrat d’accueil en CDD doit avoir une durée d’au moins six mois. Le CDD reste un contrat de travail encadré : les règles de droit commun ne permettent pas de l’utiliser pour pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise. La durée minimale ne dispense donc pas les parties de respecter les conditions légales du motif choisi.

La rémunération mérite un examen séparé. Pendant la reconversion externe, elle relève du nouveau contrat signé avec l’entreprise d’accueil. Si elle est inférieure à celle du contrat initial, une prise en charge de l’écart peut dépendre d’un accord de branche ou d’entreprise, ou d’une décision de l’employeur dans le cadre prévu. Les frais de transport, d’hébergement et de restauration ne sont pas à considérer comme automatiquement couverts : demandez qui les supporte et dans quelles limites.

Pour la formation, le ministère indique que les documents sont transmis à l’opérateur de compétences (OPCO), qui se prononce sur la prise en charge dans les vingt jours suivant leur réception. L’employeur doit les transmettre dans les trente jours précédant le début de la période. Ces délais concernent la procédure de financement, pas une promesse de réponse favorable ni le délai nécessaire pour construire votre projet.

Comment préparer la démarche avec les employeurs ?

Commencez par décrire le métier ou le poste visé, les compétences manquantes et la formation qui permettrait de les acquérir. Comparez les contenus, les modalités d’évaluation et la reconnaissance de la qualification. Pour choisir un parcours, précisez les compétences attendues et sélectionnez une formation adaptée, plutôt que de partir uniquement du titre d’une formation.

Présentez ensuite le projet à votre employeur actuel et identifiez une entreprise d’accueil susceptible de proposer un poste en lien avec le parcours. L’accord écrit est nécessaire pour mettre en œuvre la période de reconversion. Dans le cas externe, demandez que soient écrits les éléments essentiels : dates, poste visé, formation, conditions d’essai, répartition des coûts et procédure de retour si la période d’essai prend fin sans poursuite du contrat.

L’entreprise d’origine adresse à son OPCO les pièces utiles à l’examen de la prise en charge. La décision de l’OPCO porte sur le financement selon les règles applicables et les fonds disponibles. Ne commencez pas en supposant que la formation, les frais annexes ou le maintien de votre rémunération initiale sont nécessairement couverts. Faites confirmer le financement et les modalités salariales avant le début de la période.

Si votre situation est celle d’un salarié en CDD qui souhaite utiliser le PTP, contactez plutôt l’association Transitions Pro de votre région et vérifiez le calendrier du dossier. Une formation commencée après le terme du contrat ne suit pas les mêmes étapes qu’une absence pendant le CDD. Pour vous informer sur les dispositifs et les choix de parcours, consultez également les ressources consacrées à la formation professionnelle.

Comment vérifier que le parcours protège votre projet ?

Avant de vous engager, relisez les documents en comparant le poste, la durée du contrat, les dates de formation et la rémunération. Le contrat d’accueil et l’accord écrit doivent être cohérents avec le parcours présenté à l’OPCO. Gardez une trace des réponses concernant le financement et les frais annexes. Si une information reste orale ou ambiguë, demandez une confirmation écrite avant le démarrage.

Pensez aussi à définir ce qui se passera au terme de la période d’essai. Si vous souhaitez continuer avec l’entreprise d’accueil, la relation contractuelle avec l’entreprise d’origine est rompue selon les modalités applicables : rupture conventionnelle pour un CDI, accord commun pour un CDD. Si vous souhaitez revenir, le droit au retour porte sur votre poste initial ou un poste équivalent, avec une rémunération au moins équivalente. En cas de refus de réintégrer l’entreprise d’origine, la rupture suit également les règles applicables au type de contrat initial.

Enfin, vérifiez que vous comparez bien des situations équivalentes. Un salarié en CDD qui construit son projet seul, un salarié qui prépare un PTP après la fin de son contrat et un salarié qui part chez une entreprise d’accueil au titre d’une période de reconversion n’ont pas les mêmes démarches. Le terme « CDD de reconversion » renvoie aujourd’hui à une possibilité encadrée dans le troisième cas, et non à une formule générale de financement ou de changement de métier.

Questions fréquentes

Le CDD de reconversion est-il réservé aux salariés en CDD ?

Non. Le CDD d’au moins six mois dont il est question ici peut être conclu avec une entreprise d’accueil dans le cadre d’une période de reconversion externe. Le salarié peut auparavant être en CDI ou en CDD auprès d’une entreprise d’origine. Le dispositif ne signifie donc pas qu’un salarié en CDD bénéficie automatiquement d’un nouveau contrat de reconversion.

Peut-on suivre une reconversion sans l’accord de son employeur ?

Cela dépend du dispositif. La période de reconversion implique un accord écrit entre le salarié et l’employeur. En revanche, un salarié en CDD peut demander un projet de transition professionnelle après la fin de son contrat, sous conditions, sans demander d’autorisation d’absence à son employeur. S’il veut suivre la formation pendant le temps de travail, les règles d’autorisation applicables doivent être examinées.

La formation est-elle entièrement financée pendant un CDD de reconversion ?

Il n’existe pas de garantie générale de financement intégral. Pour une période de reconversion, l’OPCO examine la prise en charge des coûts pédagogiques selon les règles et enveloppes applicables. Le financement d’un éventuel écart de rémunération ou de frais annexes dépend notamment d’accords ou de décisions prévus dans le dispositif. Faites confirmer les montants et les conditions avant de vous engager.

Que se passe-t-il si le salarié ne poursuit pas chez l’entreprise d’accueil ?

Dans une reconversion externe, le contrat initial est suspendu et l’accord écrit doit prévoir les modalités d’un éventuel retour anticipé si la période d’essai chez l’entreprise d’accueil s’arrête. Si le salarié souhaite réintégrer son entreprise d’origine, il bénéficie d’un droit au retour sur son poste ou un poste équivalent, avec une rémunération au moins équivalente. Vérifiez les modalités écrites avant le départ.